Les sujets les plus insolites du grand oral 2017 et 2018

Après les épreuves écrites d'admissibilité, le Grand Oral est l'épreuve la plus redoutée par les étudiants passant le CRFPA.

L'article 7 de l’arrêté du 17 octobre 2016 fixant le programme et les modalités de l’examen d’accès au centre régional de formation professionnelle d’avocats décrit cette épreuve :

  • un exposé de quinze minutes, après une préparation d’une heure ; et

  • cet exposé est suivi d’un entretien de trente minutes avec le jury, sur un sujet relatif à la protection des libertés et des droits fondamentaux permettant d’apprécier les connaissances du candidat, la culture juridique, son aptitude à l’argumentation et à l’expression orale.

Les sujets de Grand oral du CRFPA sont définis par chaque IEJ. Ils sont parfois insolites et pour le moins originaux ! Voici une petite sélection avec nos idées de réponse !

Le droit à l'ivresse

Ce sujet a été proposé par l'IEJ de Lyon lors de la session 2018.

La première démarche est de définir les termes du sujet à savoir ici, le mot "droit" et le terme "ivresse". Il s'agit de l'état d'une personne qui va être dans un état d'excitation suite à la prise d'alcool ou encore de psychotropes.

On pense donc à la liberté de la personne notamment de disposer de son corps. En opposition, il faut penser à la préservation de son droit à la santé mais aussi à la préservation de l'ordre public notamment dans sa composante de sécurité.

Selon nous, ce sujet invitait donc à traiter d'une part de la préservation de la personne en elle-même avec les limites de l'intervention de l'Etat et d'autre part de la préservation des autres personnes confrontées à la personne ivre.


Les droits de la femme sont-ils ceux de l’homme ?

Ce sujet a été proposé par l'IEJ de Paris X lors de la session 2017.

Il semble important de revenir à l'origine de la notion de "droit de l'homme"et le principe d'universalité des droits de l'homme. Il est aussi intéressant de connaitre la déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d'Olympes de Gouges et d'en expliquer le contexte.

Ce sujet doit aussi s'appuyer sur l'évolution historique des droits de la femme : droit au compte bancaire, droit de vote, etc...

A notre sens, la ligne directrice doit être celle de l'universalité des droits de l'homme avec pour nuance d'une part, l'évolution historique de certains droits et d'autre part, l'état actuel du droit à savoir que certains droits fondamentaux servent de fondements pour reconnaitre des droits qui concernent essentiellement (et parfois non exclusivement) les femmes (IVG, quotas, etc...).


L’humour est-elle une liberté fondamentale ?

Ce sujet a été proposé par l'IEJ de Lyon lors de la session 2017.

Là encore, la définition des termes du sujet est une nécessité. Il est important de distinguer la notion de "droit" de celle de "liberté".

De prime abord, ce sujet peut paraitre déroutant mais il s'agit d'un grand classique !

En matière de droits fondamentaux, l'humour relève de la liberté d'expression et ses limites font souvent penser à des décisions connues en matière de caricatures mais aussi aux spectacles injurieux voir antisémites et négationnistes.

Selon vous, la liberté sexuelle permet-elle de supprimer l’obligation de fidélité du mariage ?

Ce sujet a été proposé par l'IEJ de Paris 2 en 2017 avec en support un arrêt rendu par le TGI de Paris en date du 9 février 2017.

Cette affaire est relative à la publicité faite par le site extraconjugal Gleenden, avec des slogans tels que « Tout le monde peut se tromper. Surtout maintenant. » ou « C’est parfois en restant fidèle qu’on se trompe le plus... ».

Ce sujet est surprenant dans la mesure où il est difficile de raccrocher aux libertés fondamentales. En principe, la liberté sexuelle est un terme récurrent à connaitre dans ses principes.

Quant à l'obligation de fidélité du mariage, il faut nécessairement revenir sur la dépénalisation de l'adultère et la jurisprudence en matière de courtage matrimonial.

Enfin, ce sujet invitait probablement à traiter de la notion d'ordre public car ce jugement indiquait sur le terrain procédural que « l’obligation de fidélité relève d’un ordre public de protection et non d’un ordre public de direction ».


Le maillot de bain doit-il être le seul vêtement de plage ?

Ce sujet a été proposé par l'IEJ de Paris X lors de la session 2017.

Là aussi, ce sujet peut surprendre de prime abord. Mais tous les étudiants préparant le grand oral savent ce que sous-tend un tel sujet.

Il faut distinguer la définition du "maillot de bain" de celle de "vêtement de plage".

Il faudra nécessairement connaitre la jurisprudence sur le port de burkini. Mais comme tous les sujets, il ne faut pas se limiter dans votre étude : pourquoi ne pas aborder le port du monokini ? De manière générale, faites preuve d'imagination et n'ayez pas peur d'aborder des problématiques qui peuvent ne pas avoir reçu de réponse jurisprudentielle.


En somme, derrière chacun de ces sujets, il ne faudra pas oublier un élément essentiel qui sera votre fil directeur : la méthode du grand oral !

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